Félix Leclerc

Mouillures

Quand ils auront franchi ce terrible désert
Et que les mains tendues ils atteindront la mer
Une traînante barque les rejoindra bientôt
On les acceptera avec leurs misères
Ils cacheront leur corps sous un même manteau
Pareils à deux lierres à jamais enlacés
Qui mêlent leurs amours leurs bras, leurs chevelures

Ainsi nous glisseront à travers les mouillures
Bus par l'éternité, bus par l'éternité.

F.LECLERC, Cent Chansons, Bibliothèque Québécoise, 1988, p.94